Ces deux provinces jouent un rôle clé dans l’économie agricole et agroalimentaire canadienne, avec des secteurs dynamiques qui illustrent la diversité de la production.
Le secteur des produits laitiers est le plus important de la province, générant des revenus de 2,8 milliards de dollars. Cette industrie est soutenue par le système de Gestion de l’Offre, mis en place en 1971, qui garantit une production locale de haute qualité tout en assurant des revenus stables pour les producteurs. Ce système utilise des quotas pour équilibrer l’offre et la demande, évitant ainsi le surplus de produits. Au Canada, le système de la gestion de l’offre vise le lait et les produits laitiers; le poulet; le dindon; les œufs de consommation; les œufs d’incubation (pour l’élevage de poulets). La production porcine, avec 1,7 milliard de dollars de revenus, et la volaille, représentant 957 millions de dollars, sont également des piliers de l’agriculture québécoise, bénéficiant des mêmes mécanismes de soutien.
L’Ontario, quant à elle, voit également la domination des produits laitiers avec des revenus s’élevant à 2,5 milliards de dollars. Ce secteur est suivi de près par la production de légumes (2,4 milliards de dollars) et de soya (2,1 milliards de dollars). Comme au Québec, l’industrie laitière et avicole (œufs, poulets, dinde) est également régie par le système de Gestion de l’Offre, ce qui permet aux producteurs de bénéficier d’une rémunération stable et d’un contrôle des importations, garantissant ainsi une protection contre les fluctuations du marché international.
Ces deux provinces, grâce à leur structure réglementaire et à leurs ressources, contribuent de manière significative à l’agriculture primaire canadienne, qui compte près de 190 000 exploitations agricoles sur 62,2 millions d’hectares, représentant 6,2 % du territoire canadien. La taille moyenne des exploitations a presque doublé au cours des 50 dernières années, soulignant l’importance des avancées technologiques et des regroupements dans le secteur.
Le Canada se positionne comme un leader en matière de production et de transformation alimentaire durable. Plusieurs initiatives sont mises en place pour renforcer la durabilité du secteur :
L’innovation technologique continue de transformer le secteur agroalimentaire au Canada, avec un accent particulier sur l’amélioration de l’efficacité et la durabilité :
L’étude de 2021 sur les attitudes des Canadiens envers les technologies agricoles novatrices a révélé un soutien croissant pour des technologies telles que la biotechnologie et l’édition génomique, malgré une faible connaissance générale de ces concepts. Les Canadiens se montrent particulièrement favorables à la fabrication de biocarburants à partir de sources non alimentaires, et une majorité estime que l’agriculture cellulaire pourrait contribuer à la sécurité alimentaire à long terme. Cette évolution des perceptions pourrait faciliter l’adoption de solutions agricoles durables à l’avenir.
Les exploitations agricoles au Québec et en Ontario bénéficient de perspectives économiques positives, soutenues par une demande croissante pour des produits locaux et durables :
En 2023, le revenu monétaire net du secteur agricole canadien a atteint un niveau record de 24,8 milliards de dollars, soit une hausse de 13 % par rapport à l’année précédente, principalement grâce à la croissance des recettes dans l’élevage. Cependant, les prévisions pour 2024 indiquent une diminution de 14 % du revenu monétaire net, qui devrait atteindre 21,3 milliards de dollars, en raison de la baisse attendue des recettes liées aux cultures et d’une légère augmentation des dépenses d’exploitation. Malgré ces défis, le revenu monétaire net resterait supérieur de 28 % à la moyenne des années 2018-2022
L’aperçu des habitudes de consommation écologiques au Canada souligne l’importante préoccupation des Canadiens pour l’environnement et les changements climatiques, avec 80 % d’entre eux valorisant un mode de vie durable. Environ 70 % des consommateurs recherchent des aliments écologiquement produits, bien que le prix demeure un obstacle majeur, 51 % des répondants jugeant ces produits trop coûteux. Les emballages durables sont également prioritaires, plus de 90 % des Canadiens s’inquiétant de leur impact environnemental. De plus, 50 % des consommateurs déclarent acheter davantage de produits durables qu’il y a cinq ans.
Le sondage de 2023 mené auprès des Canadiens révèle une augmentation significative des préoccupations concernant l’abordabilité des aliments, 80 % des répondants exprimant des inquiétudes, soit une hausse de 29 % par rapport aux enquêtes précédentes. En ce qui concerne la connaissance du secteur, seulement 50 % des consommateurs se sentent bien informés, tandis que 71 % se préoccupent du gaspillage alimentaire. Malgré ces préoccupations, la confiance envers les agriculteurs canadiens reste élevée, avec 87 % des répondants affirmant leur confiance.
Cet aperçu des perceptions des consommateurs envers les aliments écologiquement durables indique que 70 % des Canadiens recherchent ces produits, en se basant principalement sur les étiquettes de durabilité. Cependant, la confiance dans ces étiquettes demeure limitée, 75 % des consommateurs considérant qu’elles sont souvent utilisées à des fins marketing. Bien que les Canadiens valorisent des critères tels que la santé, le goût et le prix, ils souhaitent davantage d’informations sur les systèmes d’étiquetage et les normes de durabilité pour faire des choix éclairés lors de leurs achats.
La recherche qualitative menée par Agriculture et Agroalimentaire Canada a montré que tant les consommateurs que les producteurs considèrent l’agriculture durable comme essentielle, bien que leur compréhension de ce concept varie. Les consommateurs rencontrent des difficultés à identifier les pratiques durables, tandis que les producteurs soulignent que la désinformation dans le secteur constitue un obstacle. Les résultats mettent en avant que les consommateurs privilégient des critères tels que le prix et la qualité, et bien qu’ils manifestent un intérêt pour des pratiques durables, peu d’entre eux sont prêts à payer davantage pour des aliments écoresponsables. De plus, les consommateurs vivant dans des collectivités éloignées ressentent une limitation dans leurs choix, soulignant leur dépendance à des sources alimentaires locales et durables.
Source : https://agriculture.canada.ca/fr/secteur/tendances-comportements-consommateurs
L’agrotourisme connaît un essor important au Québec et en Ontario, offrant de nouvelles opportunités économiques pour les producteurs locaux.
Source : https://www.lesaffaires.com/dossiers/agrotourisme-miser-sur-les-produits-dici/
Le secteur de la transformation alimentaire au Canada continue de se transformer pour répondre aux nouvelles exigences du marché.
En dépit des défis auxquels le secteur agricole et agroalimentaire canadien est confronté, ses atouts et ses innovations offrent un potentiel de croissance exceptionnel. La durabilité, l’innovation et la diversification des marchés sont essentielles pour assurer la compétitivité à long terme des exploitations agricoles.
En se tournant vers l’avenir, plusieurs tendances émergentes façonnent le paysage du secteur : l’agriculture régénérative, qui vise à restaurer la santé des sols et la biodiversité ; l’utilisation croissante de technologies avancées comme l’intelligence artificielle et l’agriculture de précision, qui optimisent les rendements tout en réduisant l’impact environnemental ; et une demande croissante pour des produits alimentaires issus de sources durables et éthiques. Ces évolutions présentent non seulement des défis, mais également des opportunités sans précédent pour les entrepreneurs désireux de s’implanter sur le marché canadien.
L’année 2025 agit comme un révélateur des faiblesses structurelles du modèle agricole canadien, mais offre aussi une fenêtre d’opportunité stratégique unique. À la lumière des défis identifiés en 2025 — guerre commerciale bilatérale, fragilité des chaînes d’exportation, pressions internes de production, évolution des préférences alimentaires — le secteur agricole et agroalimentaire canadien requiert une série d’interventions stratégiques, tant au niveau fédéral, provincial que sectoriel. En résumé, 2025 est marquée par un réalignement actif et pragmatique de la diplomatie commerciale canadienne, avec l’Europe et l’Asie comme nouveaux piliers économiques.
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